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Art Zygote parle aux enfants depuis 20 ans

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Depuis plus de vingt ans, la compagnie Art Zygote œuvre pour rendre l’art accessible à tous, partout et par tous les moyens : le corps, les mots, les sons… Essentiellement tournée vers le jeune public, la compagnie propose aujourd’hui des spectacles originaux qui décrivent la réalité sous un angle artistique poétique et qui savent parler aux enfants. Dans sa dernière création, Moi et toi sous le même toit (théâtre de papier), Valérie Berthelot met en scène la solitude et l’isolement en jouant gracieusement avec l’espace…

Metteuse en scène, danseuse, chorégraphe, comédienne… que préférez-vous ?

La mise en scène car elle englobe toutes les autres fonctions. Elle permet de passer par le langage avec la danse et le mouvement.

Dans le spectacle Moi et Toi sous le même toit, vous abordez le thème des sans-abris. Pourquoi traiter de cette réalité morose quand l’univers féérique préserve l’enfance ?

Je trouve que l’enfant est trop associé au monde des Bisounours. Les mots ne répondent pas toujours à ses questions. J’ai moi-même souvent du mal à choisir les mots. Les auteurs les choisissent mieux que moi ; c’est pourquoi j’ai choisi d’adapter l’album de Grégoire Solotareff, Toi grand et moi petit, qui traite bien de ce sujet. Deux personnes se retrouvent à la rue et passent par des moments de grande solitude car elles sont différentes, pas comme le autres. Comme nous avions abordé le thème de la mort dans Ça va pas, nous avons choisi de parler des sans-abris aux enfants…

Et comment on parle de tels sujets aux enfants ?

Chaque enfant a un niveau de lecture différent et sa propre histoire. J’ai voulu aborder ce thème par la notion d’espace. À quel moment nous rentrons dans la bulle de l’autre ? La mise en scène joue sur les frontières, les limites ; comme une mise en abyme. Au début de la pièce, seule la scène vide est éclairée puis une personne arrive pour tracer son espace, le délimiter. Lorsque j’arrive sur scène, la personne refuse que je rentre dans son espace puis progressivement elle va me laisser entrer. La notion d’habitat métaphorise l’échange et la conversation, le partage avec l’autre

Quel est votre regard sur ce phénomène de société ?

L'engagement de l'artiste est dans ce qu'il fait et mon regard se traduit justement à travers mes créations. Comme beaucoup, les récits d’injustice de sol m'interpellent et me questionnent. Je n'ai pas de réponse mais le spectacle permet de s'interroger collectivement et de s'émouvoir, « se mettre en mouvement », sur un sujet qui nous concerne tous.

Quel est le message de cette pièce ?

Il n'y a pas de message de mon point de vue. Je ne fais jamais de spectacle pour délivrer un message. Chaque spectateur sera touché différemment selon sa perception, sa sensibilité et tant mieux ! C’est une histoire : un éléphanteau à la rue frappe à la porte d’un royaume tenu par un lion un brin arrogant et affabulateur. Pour se divertir le lion accueille l’éléphant qui finit par grandir jusqu’à devenir plus grand que lui. Se sentant menacé, le lion met l’éléphant à la porte. Il est également question d’abandon dans cette pièce puisque le lion va vieillir et être lui-même jeté hors de son royaume mais l’éléphant l’accueillera...

 

Moi et toi sous le même toit – 10 avril à la médiathèque du Genest-Saint-Isle

Type éditorial