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Cali : "Ici, les gens ne sont jamais blasés"

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À l’occasion de la parution de son deuxième roman aux éditions Le Cherche Midi, Cavale, ça veut dire s’échapper, Cali, l’auteur, se dévoile tout en authenticité et en fragilité. Il sera en séances de dédicaces le 3 avril prochain à la médiathèque de Saint-Berthevin et à la librairie M’Lire de Laval.

lamayenne.fr : Auteur, chanteur, compositeur, interprète, que préférez-vous, chanter ou écrire ?

Bruno Cali : (rires) En France il y a des chapelles : acteurs, écrivains etc.  C’est critiqué de passer de l’un à l’autre. Moi je ne me pose pas ces questions-là. Les deux me sauvent la vie. En chanson, on a trois minutes pour écrire son monde ; on est assez menotté par ce format. Paradoxalement le public a une liberté infinie quand la chanson résonne chez lui ; il peut s’évader… En revanche, quand j’écris un roman, c’est l’inverse. On peut écrire 100 pages, 1000 pages, on peut aller dans tous les recoins, décrire tout ce qu’on veut… c’est l’auteur qui trace les sentiers pour le public.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire des romans ?

J’ai écrit mon premier roman l’an dernier (ndlr : Seuls les enfants savent aimer). Une dame m’a dit un jour qu’elle aimait mes chansons sur l’enfance et qu’elle voudrait en savoir plus. « En savoir plus », c’était écrire de manière plus longue. Et pourquoi un roman ? Parce que j’ai voulu écrire un souvenir indélébile au fond de moi : la mort de ma maman. J’avais six ans et je n’avais pas été convié à son enterrement. J’étais enfermé dans une pièce toute noire avec des volets à moitié fermé, j’ai vu passer un cortège… J’ai démarré mon roman par ce souvenir et raconté les huit mois qui suivirent. C’est donc cette dame qui m’a donné envie d’écrire parce qu’écrire une chanson s’est se mettre tout nu, aller nager quelques brasses et revenir sur la plage ; écrire un roman, c’est vraiment se mettre tout nu, nager et aller jusqu’à Manhattan.

Vous allez faire des séances de dédicaces à la librairie MLire et à la médiathèque. Pourquoi avoir choisi de dédicacer en bibliothèque ?

À la médiathèque, le livre se balade de main en main ; on le lit, on le repose. C’est comme si les gens venaient prendre une histoire secrète pour l’amener chez eux et la ramener puis un autre partage le même livre, la même histoire secrète… Ouah ! Et puis la médiathèque c’est gratuit. Je reviens du salon du livre de Paris ; c’est très bien mais c’est payant ! Je n’ai pas compris. Les gens qui ne peuvent pas se payer l’entrée ne peuvent pas accéder aux livres à l’intérieur du bâtiment… C’est terrible ! D’où l’importance de la médiathèque où le livre passe de main en main ; c’est un passage, un témoin…

Quel rapport entretenez-vous avec le public de province ?

Je viens de Perpignan, je suis Catalan donc c’est plutôt quel rapport j’entretiens avec les Parisiens… Ce que j’adore vraiment en province c’est que les gens ne sont jamais blasés. Quand je joue ici, je peux jouer longtemps, les gens sont heureux parce que c’est un événement à l’instant T, ce jour-là, dans cette ville de province donc c’est génial. Je trouve beaucoup plus bienveillant de jouer en province et beaucoup plus adorable… Ça me rappelle les bals de village quand j’étais jeune. On est accueilli comme des héros par les villageois qui font une fête toute la journée, toute la nuit pour nous accueillir dans la joie…

Type éditorial