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Le théâtre, arme collégienne contre le harcèlement

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Le 3 mai prochain, dix élèves de 4e et de 3e joueront devant leurs camarades puis à 20h à l’espace Clair de Lune à Ernée. Inscrits au dispositif Aux Arts, collégiens, ils ont répété leur texte pendant un stage hors temps scolaire avec Bertrand Fournier, directeur artistique de la compagnie T’Atrium.

Bertrand Fournier, qui êtes-vous ?

Metteur en scène et comédien, j’exerce mon métier depuis 20 ans, je suis directeur artistique avec Sandrine Manceau de la compagnie T’Atrium, créée en 2016 en Mayenne. En résidence au Reflet à Saint-Berthevin depuis trois ans et jusque fin 2019, nous proposons des création autour de l'écriture théâtrale jeunesse. J’ai été formé à Paris, à l’atelier de Blanche Salant & Paul Weaver, une école internationale spécialisée dans l'Actor's Studio.

Comment les jeunes comédiens ont-ils été choisis ?

Les jeunes ont été recrutés par biais de presse et par le dispositif Aux Arts, collégiens. Ils pratiquent quatre heures pendant l’année et peuvent s’inscrire à ce stage découverte pour monter un projet ensemble. L’idée consiste à travailler sur un texte du répertoire jeunesse, en l’occurrence, Lorsqu’au petit matin parut l’aurore aux doigts de rose de Sabine Tamisier.

Pourquoi avoir choisi ce texte de Sabine Tamisier qui traite du harcèlement scolaire ?

Et de la quête d’identité ! J’ai cherché comment aborder cette thématique témoin, ce marqueur social pour que les parents, les professeurs s’approprient le débat. La pièce raconte l’histoire d’un enfant qui vit dans une famille monoparentale et qui crie à son père, tel Télémaque dans l’Odyssée d’Homère, de venir le sauver. Le théâtre est un catalyseur qui libère la parole, à la fois pour ceux qui le pratiquent, et pour ceux qui en sont spectateurs, leurs copains…

Comment travaille-t-on avec des collégiens ?

Les thématiques du harcèlement et de la quête d’identité me permettent de mener un travail d‘introspection avec les jeunes et d’interroger certains axes qui relèvent de l’éducation collective comme le rapport au temps et l’émotion esthétique dont parle Edgar Morin. Dans ce stage, les collégiens s’expriment sur un temps court (50h) donc le rapport au temps est fondamental. Le collège est une période de l’adolescence où la relation à l’image, le narcissisme (le leur, celui des autres), est mis en exergue par les réseaux sociaux… Les jeunes sont souvent dans l’activisme et j’essaie de leur apporter un cadre rassurant pour comprendre les exigences du théâtre et le rôle central du silence. Il faut qu’ils soient capables d’accepter ce temps où ils sont déconnectés des sollicitations extérieures pour se mettre au temps du spectateur, sur scène. Le chemin se fait par un travail de prise de conscience qui passe par l’écoute, la distanciation, une façon de jouer…

En tant que directeur artistique quel rêve nourrissez-vous ?

Pour moi, le théâtre est politique. C’est un outil d’expression et de revendication… Mais d’un point de vue professionnel, j‘aime le travail créatif en équipe et j'apprécierais de porter un projet au niveau national avec T’Atrium comme pour L'hiver, quatre chiens mordent mes pieds et mes mains. (Mediapart, L’Humanité…)

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